Le voilà de retour. Fabien Barthez vient d'intégrer le staff de Zinedine Zidane en tant qu'entraîneur des gardiens de l'équipe de France. Et le champion du monde 1998 ne mâche pas ses mots. Son constat sur l'évolution du poste de gardien est sans appel: ce qui se passe actuellement relève, selon lui, de la honte.
Barthez pointe du doigt une standardisation du jeu. Les portiers modernes manqueraient cruellement de personnalité. D'audace aussi. Cette critique frappe fort quand on connaît le style si particulier de l'ancien Marseillais, jamais avare d'initiatives risquées, parfois géniales, parfois discutables. Mais toujours assumées.
La transformation du rôle inquiète le Français. Les gardiens sont devenus des joueurs de champ avec des gants. Relance au pied obligatoire. Participation au jeu systématique. Sorties calculées au millimètre. Tout est codifié, robotisé, prévisible. Fini le temps où un portier pouvait imposer sa patte, son caractère, sa folie contrôlée.
Mike Maignan dans le viseur de Barthez
Le champion du monde va désormais travailler avec Mike Maignan, titulaire indiscutable chez les Bleus. Un défi passionnant pour les deux hommes. Maignan incarne justement cette nouvelle génération de gardiens complets, techniquement irréprochables, athlétiques et concentrés. Mais dispose-t-il de cette étincelle que Barthez recherche?
La collaboration pourrait s'avérer explosive. D'un côté, un ancien portier iconoclaste qui n'a jamais respecté les conventions. De l'autre, un gardien moderne formé dans le moule actuel. Le choc des époques. Le dialogue entre deux visions du poste pourrait enrichir Maignan, lui apporter cette liberté d'expression que Barthez juge disparue.
Pour les parieurs qui suivent les performances des Bleus, cette nomination change la donne. J'ai personnellement testé plusieurs combinés sur les clean sheets français ces derniers mois, et les statistiques défensives ont toujours constitué une valeur sûre. Avec Barthez aux commandes de la préparation des gardiens, on peut s'attendre à une évolution du profil de risque.
Un discours à contre-courant du football moderne
Les propos de Barthez dérangent. Ils vont à l'encontre de tout ce que le football contemporain valorise: la maîtrise, le contrôle, l'élimination du hasard. Les cotes sur les marchés "gardien invainccu" ou "moins de 2,5 buts" reflètent cette recherche obsessionnelle de sécurité.
Pourtant, l'ancien Monégasque a peut-être raison. Le spectacle a-t-il gagné à cette normalisation? Les plus grands gardiens de l'histoire étaient des originaux. Yashin, Schmeichel, Chilavert. Des personnages avant d'être des techniciens. Barthez lui-même appartenait à cette catégorie rare.
Son retour dans le staff français promet des débats. Et peut-être une révolution silencieuse dans la formation des portiers tricolores.



