Le football français adore se tirer une balle dans le pied. Encore une fois, le Trophée des Champions devient une source de polémique plutôt qu'une célébration sportive. Après une édition jouée en janvier au Koweït entre le champion de France et le vainqueur de la Coupe 2024/2025, voilà qu'une nouvelle rencontre est déjà programmée pour le 16 août. Lens contre le PSG. En plein été, à peine deux semaines après le début de saison.
Daniel Riolo n'a pas mâché ses mots. Le consultant a pointé du doigt l'incohérence totale de la Ligue de Football Professionnel, cette institution censée orchestrer le calendrier avec un minimum de bon sens. "Il n'y a qu'un seul responsable à ce bordel, c'est la LFP", a-t-il lâché sans détour.
Le lieu de la rencontre a lui-même fait l'objet d'un psychodrame. Longtemps en discussion, la décision finale est tombée après tirage au sort: Bollaert accueillera la finale. Une méthode qui en dit long sur l'improvisation ambiante. Comment peut-on gérer une compétition majeure au doigt mouillé?
Un calendrier qui complique les paris
Pour les parieurs, cette instabilité pose problème. Les cotes fluctuent en fonction de la préparation des équipes, et quand on enchaîne les compétitions sans logique, difficile d'évaluer la forme réelle des joueurs. J'ai récemment testé un retrait rapide sur une plateforme après avoir misé sur un match amical estival – l'opération s'est bien passée, mais la valeur du pari restait discutable vu le contexte flou de ces rencontres hors-saison.
Le PSG partira naturellement favori. Largement. Mais Lens à domicile, avec Bollaert en ébullition, peut créer la surprise. Les handicaps asiatiques seront scrutés de près par ceux qui cherchent de la valeur. Un combiné incluant le nombre de cartons ou un pari en direct sur l'intensité du début de match pourrait s'avérer judicieux, compte tenu de la rivalité et de l'enjeu symbolique.
Quand le football français s'autodétruit
Au-delà des paris, c'est tout le crédit du football français qui trinque. Une compétition délocalisée au Koweït pour des raisons financières, puis relocalisée en urgence quelques mois plus tard. Un tirage au sort pour désigner le stade hôte. Des joueurs qui enchaînent sans véritable trêve estivale.
Riolo a raison de s'énerver. La LFP navigue à vue, sacrifiant la cohérence sportive sur l'autel des contrats juteux et des arrangements de dernière minute. Les clubs trinquent, les supporters trinquent, et même les parieurs sérieux, ceux qui analysent finement, se retrouvent face à des paramètres impossibles à anticiper.
Le 16 août approche. Lens-PSG sera regardé, parié, commenté. Mais dans quel état d'esprit les acteurs aborderont-ils ce duel précipité? Mystère. Seule certitude: le chaos organisationnel français n'a pas fini de faire parler.



